Après la définition de la justice vue par Aristote, voyons celle de Socrate à travers le livre IV de la République de Platon. C'est pour cela que cette image représente une cité, puisqu'à l'époque des Grecs les républiques sont des cités. Et c'est aussi pour cela que l'on peut voir Platon à notre gauche accompagné d'Aristote à notre droite...
Ce livre consiste à chercher quel est la mission des gardiens... Et il est évident que cette mission consiste aussi à faire régner la justice dans la cité...
Pour Socrate la cité doit lutter contre la richesse et la pauvreté car tout deux empêchent la réalisation de la production et l'accomplissement de soi. La richesse car elle mène à la flânerie, et la pauvreté car elle prive des moyens nécessaires. Il faut donc un juste milieu (qui comme d'habitude chez les Grecs n'est pas vraiment au milieu et c'est là tout le problème car il est évident que ce milieu ce rapproche plus de la richesse que de la pauvreté...)
De par cette distinction, on ne doit pas s'adresser à la cité comme à une seule, mais comme à plusieurs, pour prendre en compte les différences des riches et des pauvres : "tu donnes aux uns la fortune des autres, leur facilité..."
D'ailleurs, il faut faire attention à la taille de la cité. La bonne taille, "c'est le point jusqu'où l'on veut aller pour que la cité grandisse sans compromettre son unité. On la laisse grandir jusqu'à cette taille, et l'on s'y arrête"
Venant on maintenant à la justice, celle qui doit être l'une des plus grande préoccupation du gardien de la cité. Cherchons donc qu'elle est. Nous savons qu'une cité, pour être parfaite, doit être composée de sagesse, de courage, de maîtrise de soi et de justice. Donc si l'on veut savoir ce qu'est la justice il suffit de trouver ce que sont les trois autres choses, et la justice sera ce qu'il manque pour atteindre la perfection.
- La sagesse produit des décisions mûries, elle doit donc habiter à l'endroit où l'on prend des décisions, parmi les gardiens, elle ne concerne donc qu'une minorité des citoyens.
- Le courage consiste à sauver, c'est-à-dire à préserver l'intégralité de la cité. Il doit donc habiter chez ceux qui ont pour devoir de garder la cité, à l'endroit où on la défend. Il ne concerne donc qu'une minorité des citoyens.
- La maîtrise de soi consiste à se dominer. Ce qui est intéressant c'est que l'on est alors en dessous et au-dessus de soi. Ce qui ne peut s'expliquer que par le fait qu'il y ait dans l'âme une bonne et une mauvaise part. On se domine quand la bonne est au-dessus de la mauvaise, et l'on s'abaisse quand c'est l'inverse. Cette fois, elle doit habiter chez tous les citoyens, aussi bien chez les gouverneurs que chez les gouvernés. Elle crée donc de l'harmonie dans la cité.
- Donc la justice est la condition de possibilité des trois autres (puisqu'il ne manque plus que ça pour atteindre la perfection). Et cette condition de possibilité est le fait que chacun doive s'employer à un seul emploi parmi tous ceux qui font la cité, l'emploi auquel sa nature aura été prédestiné (puisque sinon, ça ne pourrait être appliqué correctement, et ça ne saurait donc être parfait).Il en va de même pour les partis de l'âme que nous allons voir car la justice est une activité intérieure à l'Homme. Nous passons donc de la justice dans la cité à la justice dans l'Homme...
On ne peut être ou faire une chose et son contraire, on ne peut pas dire que l'archet par exemple pousse et tire en même temps, mais une parti tire la corde pendant que l'autre pousse l'arc. Comme on peut avoir soif tout en refusant de boire, c'est donc qu'il y a deux parts en nous, l'une désir, l'autre raisonne. Tâchons maintenant de voir où se situe l'agressivité, dans le désir, dans la raison, ou dans une troisième partie ? Etant donné que l'on peut observer des gens s'énerver contre eux-mêmes parce qu'ils ont cédé a des désirs qu'ils répréhendent. Donc l'agressivité ne fait pas partie des désirs puisqu'on peut s'énerver contre eux (donc par là elle se distingue du désir), il semble donc que qu'agressivité et désirs soient deux choses différentes. Comme nous pouvons constater la présence d'agressivité chez des gens déraisonnables (comme des enfants par exemple), nous pouvons dire que l'agressivité ne fait pas partie de la raison. Il s'agit donc d'une troisième part. Celle-ci allié à la raison permettra de surmonter les plaisirs et la souffrance (comme se faire violence). Donc l'agressivité est au service de la raison, cette dernière devant trouver sa place dans l'âme. Par conséquent l'injustice est une mauvaise disposition des parties de l'âme, avec par exemple une agressivité dominant la raison.









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