Voici maintenant une œuvre de Platon, dans laquelle il fait parler Socrate (dont il a été le disciple), et Ménon. D'où le titre Ménon :-) (ou de la vertu...) Ainsi après avoir vu ce qu'est la justice, nous allons voir la vertu, nous permettant d'être juste...
Ménon veut savoir si la vertu est innée ou pas, Socrate lui répond qu'étant donné qu'il ne sait pas réellement ce qu'est la vertu, il ne peut rien dire à son sujet... Donc ils vont d'abord tenté de répondre à cette question...
Pour Ménon il y a plusieurs vertus selon les personnes. Par exemple l'homme a la vertu de prendre soin de l'Etat et de ses concitoyens, la femme a la vertu de prendre soin de la maison et d'être docile à son mari, et bien sûr il ne s'agit pas de la même vertu pour le petit garçon, la petite fille, le maître, l'esclave...
Mais Socrate lui ne veut pas plusieurs vertus, il cherche le point commun à toutes ces vertus... Pour lui, la vertu ne se dissocie pas de la sagesse et de la justice. Ménon rajoute à cela le courage, la prudence, "et d'autres en foules". Socrate fait alors remarquer que même si c'est d'une autre façon, il y en a encore plusieurs, alors que l'on cherche l'unique essence de la vertu (ce qui est assez intéressant c'est que la vertu est l'essence des choses, c'est pour ça que l'on parle de la vertu des plantes... Donc nous sommes en train de chercher la vertu de la vertu :-) )
Ménon propose alors le fait d'être capable de commander. Socrate répond à cela, que ce n'est pas possible car l'esclave a une vertu, et si c'est celle de commander, il n'est plus esclave.
Alors Ménon propose le fait d'avoir le désir des bonnes choses et d'être capable de les obtenir.
Socrate répond que pour ce qui est du désir des bonnes choses, tout le monde l'a, puisque personne ne se veut de malheur, et ceux qui désirent les mauvaises choses c'est en pensant qu'elles sont bonnes, donc ils désirent les bonnes choses.
Ensuite pour ce qui est d'être capable d'obtenir les bonnes choses, cela ne veut rien dire si ce n'est pas fait avec justice, puisque les bonnes choses sont les choses justes. Etant donné que la justice est une espèce de vertu, comme on l'a dit, alors dire que la vertu c'est obtenir les bonnes choses revient à dire que la vertu est un action accompagnée d'une espèce de vertu... (Donc on tourne en rond...)
A ce moment là, Ménon doute de ce qu'il croyait savoir. Socrate montre alors que c'est une bonne chose de douter, car cela fait avancer les choses en nous permettant de corriger nos erreurs.
Le problème posé ici par Ménon est que si l'on ne sait pas déjà ce qu'est la vérité, comment la reconnaître, et si on le sait déjà, pourquoi la chercher ?? Donc on ne peut pas trouver la vérité tout seul, par conséquent l'Homme ne saura jamais ce que personne ne sait...
Socrate répond à cela que notre âme connaît déjà la vérité, mais l'a oubliée. Avant de venir dans notre corps, notre âme séjournait parmi les dieux où elle a pu contempler à loisir les Idées, les vérités de toute chose. Mais plongée dans ce corps matériel, elle a tout oublié. Il en fait la démonstration en faisant résoudre un problème géométrique à un esclave, dont on pensait qu'il était incapable de le faire, juste en lui posant des questions bien choisies... Donc apprendre, en réalité, c'est se souvenir, par conséquent on peut retrouver la vérité tout seul...
Revenons à la vertu, on peut dire d'elle qu'elle est une certaine intelligence, puisque le courage et toutes les autres vertus sont dommageables sans intelligence. Elle est donc un savoir, par conséquent elle n'est pas un don inné, mais une acquisition, qui paradoxalement ne s'enseigne pas car il n'y a pas de maître qui donne cet enseignement. La preuve étant aussi que les hommes vertueux n'ont pas réussi à transmettre cette vertu à leurs enfants... Donc il ne s'agit pas vraiment d'intelligence, puisque qu'elle ne s'enseigne pas, mais plutôt d'opinion vraie. L'opinion vraie est aussi juste que le savoir, car un guide qui sait où il va parce qu'il y est déjà allé ne mène pas mieux qu'un guide qui n'est jamais allé là où il va, mais qui a une opinion vraie sur la question, donc qui ne se trompe pas. Les deux guides, celui du savoir (ou de l'intelligence) feront exactement le même chemin que celui de l'opinion vrai donc ils sont équivalents. Néanmoins, le problème c'est qu'on ne peut pas toujours avoir une opinion vraie puisqu'il nous arrive de commettre des erreurs. Donc il semblerait que pour manier cette opinion vrai correctement, il faille réussir à se souvenir (comme on l'a dit plus haut)...
Il en conlu que l'opinion vraie est une grâce divine car elle semble être ce dont use les oracles et les divins...
Donc à la fin du livre, on a répondu à la question de Ménon qui voulait savoir si la vertu était innée, et à cela on vient de répondre que non.
Mais on n'a pas répondu à la question de Socrate qui voulait connaître l'essence de la vertu. Puisque Socrate fini en disant "Mais le certain là-dessus, nous le saurons le jour où, avant de nous mettre à chercher de quelle façon il vient à se produire de la vertu chez les hommes, nous aurons commencé par nous mettre à chercher ce que peut bien être la vertu, en soi et par soi. Voici que cependant l'heure est venue pour moi d'aller quelque part". Ou du moins on n'y a pas répondu explicitement, parce qu'il semblerait bien que la réponse soit dans ce texte puisque comme dit Socrate au début, on ne peut pas répondre à la question de Ménon sans savoir ce qu'est la vertu...
A vous de réfléchir... :-)









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