Voyons maintenant le livre V de l'éthique à Nicomaque écrit par Aristote... Ce livre s'appelle Théorie de la justice... Nous verrons donc, après avoir vu avec Rousseau que la société crée des inégalités, ce qu'est la justice qui pourrait nous permettre de les réduire...
Pour Aristote il y a plusieurs sens au mot juste, car il y a plusieurs sens au mot injuste. En effet injuste peut vouloir dire ne pas respecter la loi, il est alors synonyme d'illégal. Ou bien, cela peut vouloir dire ne pas être égale, donc être inégal. Par conséquent, le juste est l'égal et le légal.
L'injustice, c'est le fait d'être injuste. Et l'inégalité est une partie de l'illégalité.
"La justice ainsi entendue est donc la vertu complète. Mais elle ne l'est pas en soi, mais par rapport à autrui". Puisque l'on peut être juste avec soi sans l'être avec les autres, c'est donc "la plus importante des vertus". Elle est en fait "la vertu toute entière", de même l'injustice est le vice tout entier. Mais il ne s'agit là que de notion car quiconque commet une injustice n'incarne pas le vice absolu, mais seulement une partie, puisqu'il s'agit d'une injustice en particulier.
Pour Aristote, il y a une notion de volonté dans la justice ou l'injustice. Il n'y a donc pas d'injustice s'il n'y a pas de choix.
Ou il s'agirait d'une injustice indirecte, d'où les distinctions conceptuelles suivantes... Tout d'abord il faut savoir que faire quelque chose volontairement, c'est faire quelque chose en toute connaissance de causes... Mais cela n'empêche pas de faire des actes de manières volontaires réfléchies, ou irréfléchies... (Qui équivalent à : avec ou sans préméditation)
Pour Aristote, il y a trois manières de nuire à ces concitoyens :
- Soit de manière involontaire. Et là il y a deux possibilités. Ou bien par ignorance, en faisant quelque chose qui a des répercutions qui étaient imprévisibles (ce que notre société rejète). Donc on ne peut qualifier l'acte de rien d'autre que de malheur. Ou bien, en faisant quelque chose de mal sans le vouloir, mais c'était tout de même prévisible, on aurait pu l'éviter si on avait fait attention... Donc on peut qualifier l'acte de faute... Mais dans ces deux cas, pour Aristote il n'y a pas d'injustice, puisqu'elle n'est pas voulue...
- Soit de manière volontaire, mais non réfléchie, c'est-à-dire que lorsque l'on a commis l'injustice, on savait très bien ce que l'on faisait, mais on n'avait pas prévu à l'avance que l'on allait commettre une injustice... On peut très bien l'avoir fait par colère (et le regretter après), donc de là on peut déduire que la personne qui a commis l'injustice n'est pas injuste en elle même...
- Et enfin, soit de manière volontaire et réfléchie, ce qui fait que la personne envisageait de commettre l'injustice (en avait envie), et de là on peut clairement dire que cette personne est elle-même injuste, c'était en elle...
Maintenant voyons comment Aristote conçoit la justice... Comme il y a deux sortes de juste et d'injuste, il est logique qu'il y ait deux sortes de justices...
Il y a la justice distributive, qui s'occupe donc de l'égal. Elle traite de l'honneur de la fortune et les distribue de juste manière. Juste veut ici dire, d'une bonne proportion en fonction des personnes...
Et il y a aussi la justice réparatrice, ou corrective, elle s'occupe du légal, donc des rapports des citoyens entre eux qu'ils soient volontaires ou involontaires. Elle par contre traite des délits et les puni de juste manière. Juste veut ici dire, d'une bonne proportion en fonction des délits, ce qui veut dire que les personnes ici sont traitées exactement de la même manière, qu'ils soient pauvres, riches, fort, faible, important ou pas...
Je trouve qu'il est assez intéressant de voir que la justice s'occupant du légal exerce plus l'égalité que la justice qui s'occupe de l'égal...









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